jeudi 3 juin 2010

26/05/2010 - DERNIER DESSIN, LA CATHEDRALE DE SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE



J’arrive à Santiago à 3 heures du matin. Épuisée de chercher une place pour dormir.

24/05/2010 - CAP FINISTERRE

24/05/2010 - CAP FINISTERRE



Dans les époques pré-chrétiennes, le camino frances était déjà emprunté. Des pélerins partaient des Pyrénées au Finisterre. Les premières semaines étaient considérées comme une épreuve physique. La Meseta entre Burgos et Leon, l’épreuve mentale, et la marche à travers la Galice vers le Finisterre, un voyage spirituel vers le lieu ou tu meurs et tu renais.
Cap Finisterre est un rocher qui s’avance dans la mer comme une sorte de petite péninsule. C’est magique. Il y un trou dans la terre pour brûler ses vêtements. Je brûle mes chaussures, on regarde le coucher de soleil et on chante des chansons dans toutes les langues qu’on connait. On devient incroyablement saoûls et on ne fait plus qu’un avec l’univers.

mercredi 2 juin 2010

24/05/2010 - Cap Finisterre

24/05/2010 - Cap Finisterre



Si je veux atteindre mon « compostelle », la preuve qu’on est un pélerin, je dois notifier si c’est par raison spirituelle, religieuse ou sportive.Je ne remplis rien parce qu’aucun des trois ne me correspond.
Le monsieur de Compostelle ne veut pas me donner le certificat. Les sportifs ne le recoivent d’office pas. Il me regarde attentivement et décide que je suis spirituelle, ce que je ne ressens pas du tout comme ça. Derrière moi, il y a une foule de « pélerins-des-derniers-100-km » en train d’avoir l’air exceptionnellement spirituels. Je sors avec les larmes aux yeux. J’ai indéniablement mon certificat de compostelle dans la poche, mais je me sens catégorisée. Au milieu de la rue, j’explose en larmes. Un garçon avec une guitare commence à jouer des chansons pour moi. "Blackbird fly" des Beatles jusqu’à ce que je n’ai plus de larmes.
Ensuite je prends mes affaires, je mets mon chapeau et je pars; J’ai dormi 4h, et
j’ai été pendant 7h à Saint-Jacques de Compostelle. Ce jour-là, je marche 35 km et
j’arrive 3 jours plus tard au Finisterre.


Pour recevoir le certificat de Compostelle, il faut avoir fait les 100 derniers kilomètres à pieds. Alors, c’est ce que la plupart des gens font. Je me sens fatiguée, sale et vide à côté des pélerins frétillants qui n’ont fait que 100 km. Les 700 km que j’ai déjà avalés pèsent comme un bloc de béton.
Melide est à environ 55 km de Compostelle. Je pars le matin pour découvrir le soir que tous les lits sont pris par les « pélerins-des-derniers-100-km ». Dans une vague de folie je continue de marcher. Direction Santiago. J’arrive à 3h du matin, après
une marche magique et épuisante sous la lumière de la lune. La ville est pleine de gens parce que c’est vendredi mais le parvis devant l’église est vide.
La cathédrale est magnifique et je me sens presque sacrée, mes pieds sont détruits, gonflés et couverts d’une sorte de réaction allergique, mais je me sens purifiée.


Pèlerin dans une bulle d’air mentale, peregrina en su burbujas.
L’enfer commence environ 100km avant Santiago. Je crée une bulle d’air afin de me couper des foules de pélerins qui sortent de nulle part. La bataille pour trouver un lit commence. Les auberges sont pleines à craquer.